Le 8 mai, la France commémore la victoire sur le nazisme et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Cette année encore l’UNP 92 était présente dans plusieurs communes des Hauts-de-Seine dont la commune de Clamart.

À Clamart, outre la cérémonie qui s’est tenue au cimetière du bois Tardieu, cette date résonne aussi avec un drame survenu quelques jours avant la   libération de Paris : le 19 août 1944, 14 habitants sont fusillés par les troupes allemandes. Parmi les victimes figure la famille Schmauder (les parents et leurs deux fillettes en bas âge), devenue le symbole de la violence de la répression exercée contre les civils.

⚔️ Contexte : l’insurrection du 19 août 1944

Le 19 août 1944, les Forces françaises de l’intérieur (FFI) reçoivent l’ordre de lancer l’insurrection et de s’emparer des mairies afin de préparer la Libération de Paris. À Clamart, des résistants (policiers, civils volontaires et membres du mouvement Les Ardents) mènent plusieurs actions :

  • Attaquer un groupe de soldats allemands rue Jeanne-Hachette ;
  • Capturer cinq soldats allemands et leurs chevaux ;
  • Intercepter un camion allemand et récupérer des armes, dont un canon antichar utilisé le soir même pour défendre la Préfecture de Police.

Ces succès déclenchent une riposte rapide. Une automitrailleuse est envoyée vers le carrefour de l’école du Jardin Parisien, où se trouvent des FFI et des civils. Une fusillade éclate. Certains d’entre eux sont pris en tentant de couvrir la retraite de leurs camarades.

À l’issue de l’affrontement, 14 personnes sont exécutées sur place, sans distinction entre combattants et civils, dont les deux très jeunes enfants de la famille Schmauder.

📍 Lieu de la fusillade : rue des Carnets (Jardin Parisien)

La fusillade a lieu rue des Carnets, au carrefour de l’école du Jardin Parisien, un point stratégique où les FFI tentent de freiner les mouvements allemands. Le site devient rapidement un espace de recueillement.

👨‍👩‍👧‍👧 Représailles nazies : La famille Schmauder & les résistants

Les sources publiques consultables en ligne donnent peu de détails biographiques sur la famille. Les archives recensent les victimes de la fusillade, mais ne documentent pas toujours les liens familiaux ou des informations spécifiques sur les enfants. Toutefois la famille a été arrêtée et fusillée en rentrant d’une promenade au parc. Elle était au mauvais endroit au mauvais moment.

 

Faits établis

  • La famille fait partie des 14 victimes fusillées rue des Carnets.
  • Elle comprend deux fillettes en bas âge, mentionnées dans des sources municipales.
  • Cet assassinat marque durablement la population clamartoise et est évoqué dès les premières commémorations d’après-guerre.

Liste des 14 fusillés :

Résistants FFI (10)

  • Robert BOUQUET — 23 ans — Sous‑lieutenant FFI
  • Alexis COUSIN — 34 ans — Lieutenant FFI
  • Henri GROS — 41 ans — Brigadier de police, FFI
  • Lucien HENRI — FFI
  • Jean‑Marie KERLING — 19 ans — Défense passive, FFI
  • Georges LIONNET — 30 ans — Comptable, FFI
  • Julien MAILLARD — FFI
  • Léon MARCHAND‑REVERS — 17 ans — FFI
  • Adalbert SIPOS — 23 ans — Agent de liaison — Défense passive
  • Michel WEISHAAR — Marchand de pièces auto — FFI

Civils fusillés (4)

  • Jean SCHMAUDER — père
  • Marcelle SCHMAUDER — mère
  • Raymonde SCHMAUDER — 2 ans
  • Gisèle SCHMAUDER — 3 ans

Même en l’absence de détails biographiques largement diffusés, leur histoire conserve une portée forte : elle rappelle la violence exercée par l’occupant contre les civils, y compris des enfants.

Repères après-guerre

  • Traces des exécutions par balles toujours présentes
  • Pose de trois plaques commémoratives rue des Carnets.
  • Édification d’un monument en 1946 par souscription publique, réalisé par le sculpteur clamartois Louis Alix (membre des Ardents).
  • Renommage du carrefour en Place du 8 mai 1945 en 1970.

🕊️ Mémoire et commémorations du 8 mai à Clamart

Chaque 8 mai, la commune associe la célébration de la victoire de 1945 au souvenir des fusillés du 19 août 1944. Le monument situé Place du 8 mai 1945 constitue le point central des cérémonies, organisées autour de plusieurs temps forts :

  • Dépôt de gerbes ;
  • Lecture des noms des victimes ;
  • Hommage aux résistants du mouvement Les Ardents ;
  • Rappel du sort de la famille Schmauder et de ses deux fillettes, pour souligner que la répression a frappé sans distinction.

Ces commémorations rappellent que la Libération ne fut pas seulement un événement militaire, mais aussi un combat civil, payé au prix du sang par des habitants ordinaires.

 

📝 Conclusion : un devoir de mémoire vivant

Les 14 fusillés de Clamart ne sont pas seulement des victimes de guerre : ils témoignent d’un moment où une population locale s’est levée pour reconquérir sa liberté. Le destin de la famille Schmauder et de ses deux enfants donne au 8 mai une dimension profondément humaine.

À travers ces hommages, Clamart rappelle que la paix et la liberté ne sont jamais acquises : elles se construisent, se défendent et se transmettent